À PROPOS

CHRISTIAN DAUTEL

DIRECTEUR DE L’EPCC
Ecole supérieure des Beaux-Arts Tours Angers Le Mans

L’exposition ouverte aux étudiants de cinquième année est un moment important du cursus et un événement significatif de l’Ecole supérieure des beaux-arts TALM, en effet il mobilise chaque année les travaux de nos étudiants choisis dans les trois sites de l’établissement. Après les Instants Chavirés en 2010 et l’Espace Contemporain du Musée de La Rochelle en 2011, l’Abbaye de Fontevraud en 2012, le Château d’Azay Le Rideau, accueillera cette année les étudiants en fin d’étude de l’Esba TALM.

Christian ALANDETE, commissaire engagé et attentif aux idées émergentes, concevra le montage et le contenu de cette exposition collective dans un dialogue fécond avec les étudiants. Pour chacun d’eux, ce déplacement dans une institution publique, hors des murs de l’école, représente une séquence forte de la formation, presque l’aboutissement d’un processus qui reconduit durant les cinq ans du cursus l’expérience vécue d’un montage d’exposition. Cette expérience est décisive pour l’appropriation des gestes et des postures nécessaires à de jeunes artistes. Notre objectif de professionnalisation des formations, une des composantes du master, se trouve validé alors de manière significative.

Ce projet invite les étudiants à exposer une pièce de leur travail et de leur recherche avant la présentation finale lors du passage du diplôme DNSEP, suivant le principe d’une problématique triangulaire : un espace, une institution partenaire et un commissariat indépendant. Ces quelques principes simples modélisent l’environnement professionnel des arts visuels, avec sa diversité de situations et pointent les articulations toujours complexes à l’intérieur du système de circulation et de monstration des œuvres, entre acteurs et contextes.
Cette exposition favorise aussi une rencontre entre les étudiants des trois sites de l’Esba TALM autour d’un manifeste commun, celui d’une génération avec ses formes et ses propres représentations du travail de l’artiste, mais aussi ses modes d’immersion dans un « autre lieu ».

CHRYSTELLE LAURENT-ROGOWSKI

ADMINISTRATEUR DU CHÂTEAU D’AZAY-LE RIDEAU et du cloître de la Psalette.

La rencontre entre le patrimoine historique et la création contemporaine est devenue une tradition.
Les artistes du XXe siècle se sont peu à peu affranchis des galeries et des musées pour investir d’autres espaces d’influence.
Et les jeunes artistes constituent dorénavant une génération « hors cadre » et même « hors limite ». Un décadrage désiré et militant qui désacralise l’oeuvre d’art, rompt son isolement et l’intègre dans des espaces inattendus. Une redéfinition de la création qui propose non plus un objet à contempler mais une expérience à vivre. Une création qui joue avec la genèse du lieu, se moque, critique, mais aussi conjugue.

Cette voie empruntée par la création contemporaine transforme l’espace patrimonial en une praxis, en dialogue actif avec les choses et les personnes. Patrimoine et art contemporain n’existent pas l’un à côté de l’autre, ni l’un sans l’autre, mais bien l’un avec l’autre.
Malgré cela, cette occurrence qui donne à voir des modes d’expressions artistiques si dissemblables, continue d’interpeller et même de bousculer.
Une apostrophe précieuse pour un château comme celui d’Azay-le-Rideau qui exige, avec ses nombreux visiteurs, de renouveler le regard qu’on lui porte.

C’est ainsi dans cet espace de questionnement que se situe tout l’intérêt de la collaboration imaginée entre le Centre des monuments nationaux et l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Tours-Angers-Le Mans. Un espace de questionnement qui conduit à l’altérité malgré des codes qui se télescopent entre conservation et éphémère. « L’origine d’un monde » dans un monde déjà né, déjà installé, ô combien étudié et observé depuis des siècles.

Ce questionnement entre académisme et contemporanéité : comment deux époques de création entrent en résonance et finissent même par se faire écho ? Un lieu d’histoire qui accueille le bouillonnement créateur d’artistes en devenir à qui, il a été demandé de s’affranchir des limites physiques.
En accueillant ces jeunes artistes, le château d’Azay-le-Rideau redevient tout simplement un espace d’humanisme où la pensée, quelle que soit l’époque, respire. Dans cette rencontre, l’art contemporain et le patrimoine ne sont plus dualité ou paradoxe ; ils sont devenus paradigme.