Hyejin Park

Le travail de Hyejin Park a principalement pour objet le langage et ses possibles représentations. Peut-on matérialiser la parole ? Dans La langue en 2010, elle prend le double sens du mot en invitant à expérimenter une approche tactile de la langue. Trois masques, figurant des langues tirées, invitent les visiteurs à toucher l’organe tour à tour rugueux, lisse, doux comme pour mieux représenter les variations possibles d’un discours et son incidence physique. Dans Téléphone arabe en 201, elle invite des amis étrangers (tous d’origine asiatique) à transmettre un message dans une langue qui leur est inconnue, augmentant la déperdition du message jusqu’à le rendre incompréhensible. Jouant avec les mots, elle s’amuse des expressions parfois incongrues de la langue française ou de la polysémie du vocabulaire employant un même terme pour exprimer deux éléments sans liens apparents. Dans sa vidéo Moniteur, c’est le double sens du moniteur, matériel sur lequel sont montrés les vidéos mais aussi au sens d’éducateur qu’elle combine, mettant face à face quatre moniteurs vidéos dont l’un la représente exécutant des gestes que les autres protagonistes tentent de reproduire sur les écrans suivants. Dans la Course de chevaux, présentée dans l’exposition, elle joue à Pierre/Papier/Ciseau (un jeu de main inventé en Chine durant la dynastie Han), martelant les trois gestes sur une table dont la résonnance mime une course de chevaux au rythme effréné d’un commentateur de course hippique britannique. La discordance entre les éléments visuels et sonores souligne les correspondances arbitraires entre un geste et sa possible interprétation.

Hyejin Park
Course de chevaux, 2012
Vidéo