Stéfan Tulépo

Le travail de Stéfan Tulépo a certainement à voir avec une manière d’indexer le monde qui l’entoure, prélevant objets et signes pour mieux les réinvestir. Sa collection de photographies des dix rues Georges Brassens prises dans dix villes différentes (la localisation exacte importe peu) a la force de l’uniformisation de ces zones pavillonnaires des villes nouvelles, démultipliant à l’infini les mêmes architectures fonctionnelles. Résultant souvent d’une analyse du contexte dans lequel il est invité à exposer, ses sculptures sont autant le fruit d’un heureux hasard lui offrant des matières premières à reformaliser qu’une manière de repenser le statut de l’objet ready-made et son déplacement dans l’espace d’exposition. Ainsi une céramique de pylône électrique à haute tension prend un statut d’objet décoratif agrémenté de motifs floraux par un mouvement de re-déposition d’un matériau initialement utilisé dans l’artisanat avant son intégration dans le monde industriel. Des briques en terre cuite deviennent les éléments d’un jeu de construction précaire se situant quelque part entre le monde de l’enfance et son apprentissage des formes et celui de l’artisan construisant, à partir de ces matériaux, les bâtiments que nous habitons.

Stéfan Tulépo
Clostra
Chute de briques alvéolaires
90 x 60 cm
Isolateur 3000
Porcelaine, fonte
50 x 25 x 25 cm